Éthiopie: les forces du Tigré revendiquent des tirs de roquette sur Asmara

0
17

C’est peut-être une étape majeure dans le conflit qui oppose depuis maintenant douze jours l’Éthiopie à la province dissidente du Tigré, dans le nord du pays. Le Front de libération des peuples du Tigré, le TPLF, a revendiqué ce dimanche 15 novembre des tirs de roquette qui ont visé samedi la capitale de l’Érythrée voisine. En l’accusant de collaborer avec les forces éthiopiennes.

« Cible légitime »

Le président de la région éthiopienne dissidente du Tigré, Debretsion Gebremichael, a officiellement revendiqué ces tirs. Il affirme que « les forces éthiopiennes utilisent l’aéroport d’Asmara » pour faire décoller des avions qui bombardent le Tigré. Ce qui en fait, selon lui, « une cible légitime ».

« Sur plusieurs fronts »

Ce dirigeant du TPLF affirme également que les forces érythréennes sont présentes au Tigré « sur plusieurs fronts » et « depuis plusieurs jours ». Des accusations démenties par Asmara, mais confirmées au correspondant de RFI en Éthiopie par plusieurs sources.

Cela aurait notamment été le cas dans la ville d’Humera, théâtre d’une longue bataille finalement perdue par les combattants du TPLF, qui les prive ainsi d’un accès au Soudan, très important en termes d’approvisionnement.

L’Érythrée et le TPLF sont de vieux ennemis

L’Érythrée et le TPLF se sont affrontés notamment à la fin des années 1990, pendant une guerre meurtrière qui a duré deux ans. A l’époque, le TPLF contrôlait l’appareil d’État éthiopien, mais depuis l’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed à Addis-Abeba, il y a deux ans, les Tigréens ont progressivement été écartés du pouvoir.

L’Éthiopie et l’Érythrée se sont réconciliées, un tournant historique qui a valu au Premier ministre éthiopien le prix Nobel de la paix, l’année dernière. Mais aujourd’hui, c’est donc la province du Tigré, entrée en dissidence, qui se retrouve isolée, dans un conflit dont beaucoup craignent qu’il ne vire au désastre humanitaire et qu’il ne fasse basculer toute la sous-région dans l’instabilité.

Pour le moment, l’accès aux zones de combat pour les journalistes est bloqué par les autorités éthiopiennes, et les télécommunications sont coupées. Les réfugiés, partis dans les pays voisins, décrivent des scènes de massacres mais aucun bilan fiable des combats n’est disponible.

RFI

Leave a reply