L’heure tourne, et les espoirs s’amenuisent pour Donald Trump. Alors que de nombreux Etats doivent certifier les résultats de la présidentielle du 3 novembre dans les prochains jours, le président américain joue sa survie. Mardi, il a enregistré un revers majeur dans le Michigan, avec la certification des résultats de Detroit, et son avocat Rudy Giuliani est loin d’avoir brillé devant un juge de Pennsylvanie.Michigan : Les résultats de Detroit certifiés

Le président américain a bien cru tenir une victoire qui aurait relancé le suspense dans le Michigan. Dans l’après-midi, une commission de Wayne County (principalement la ville de Detroit) a, dans un premier temps, refusé de certifier les résultats du scrutin, avec l’opposition de deux responsables républicains. En début de soirée, Donald Trump s’en réjouit sur Twitter : « Wow ! Le Michigan vient de refuser de certifier les résultats de l’élection. Avoir du courage est une chose merveilleuse. Les USA sont fiers ! »

Sa joie ne dure pas. Moins d’une heure plus tard, la nouvelle tombe : après une réunion virtuelle houleuse lors de laquelle de nombreux habitants d’une ville à 80 % noire ont accusé les responsables républicains de chercher à faire annuler près de 200.000 votes, le board accepte de valider les résultats, contre la promesse d’un audit futur. Désormais, Joe Biden, qui compte près de 150.000 voix d’avance dans le Michigan, est assuré de la victoire, avec une certification des résultats attendue le 23 novembre.

Pennsylvanie : Audience difficile pour Rudy Giuliani

C’est le recours de la dernière chance. Après la démission de deux avocats représentant la campagne de Donald Trump, c’est son avocat personnel, Rudy Giuliani, qui est arrivé en renfort devant le juge. Mais « Mister Mayor » n’avait pas plaidé devant un tribunal fédéral depuis 1992, et ça s’est ressenti. Après avoir dénoncé « une fraude nationale massive », il a été forcé de le reconnaître face à un magistrat dubitatif : ce recours « n’est pas une plainte pour fraude ».

Giuliani a passé la majorité du temps à argumenter que des volontaires de la campagne n’avaient pu observer le dépouillement d’assez près. Sauf que ses prédécesseurs ont retiré ce grief de la plainte, et que dans le même temps, mardi, la Cour suprême de Pennsylvanie a estimé qu’il n’y avait pas eu de problème sur ce front. Bref, une mauvaise journée pour l’ancien maire de New York, à qui le juge a donné 24 heures pour présenter ses preuves, avec une décision attendue d’ici vendredi. A l’heure actuelle, même si certains bulletins étaient rejetés, sur décision du juge ou la Cour suprême des Etats-Unis, cela ne suffirait sans doute pas, vu l’écart, à empêcher la Pennsylvanie de certifier ses résultats d’ici le 23 novembre.

Géorgie : Le recompte se termine, Donald Trump progresse grâce à des bulletins oubliés

Pour Donald Trump, c’est une lueur d’espoir qui risque de ne pas suffire. Deux comtés, Fayette et Floyd, ont retrouvé plus de 5.000 votes qui n’avaient pas été comptabilisés, notamment avec une carte mémoire d’une machine qui n’avait pas été uploadée. Cela profite au président américain, qui a obtenu 1.500 voix de plus que Joe Biden, avec un écart qui passe de 14.000 à 12.500 voix en faveur du démocrate. Mais à moins d’un coup de théâtre d’ici la fin du recompte mercredi soir, le président sortant ne devrait pas réussir à combler son retard, avec des résultats qui doivent être certifiés d’ici vendredi.

Arizona : « Pas de preuve de fraude », selon un responsable républicain

Le dépouillement est désormais terminé, et l’écart s’est réduit à seulement 10.500 voix en faveur de Joe Biden. Mais dans l’Arizona, il n’y a pas de recompte automatique, et des élus républicains tentent de bloquer en justice la certification des résultats du gigantesque comté de Maricopa (Phoenix). Mardi, un responsable de la commission électorale, qui est également républicain, a déclaré qu’il n’y avait « aucune preuve de fraude ou d’irrégularité ». Des vérifications doivent toutefois encore durer quelques jours, avant une certification attendue d’ici le 30 novembre.

Wisconsin : Donald Trump a jusqu’à mercredi soir pour demander un recompte

Le Wisconsin est le troisième Etat le plus serré, avec 20.000 voix d’avance pour Joe Biden. Sur le papier, Donald Trump peut demander un recompte car l’écart est inférieur à 1 point. Il a assuré qu’il allait en exiger un, mais aucun recours n’avait été déposé mardi, avec une date limite fixée à 17 heures ce mercredi. La facture serait salée, avec un coût de 7,9 millions de dollars que devrait régler sa campagne. Le Wisconsin a jusqu’au 1er décembre pour certifier ses résultats.

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