Les rêves brisés des Printemps arabes

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En 2011, le monde arabe était secoué par un mouvement de contestation sans précédent. De la Syrie à la Tunisie, de l’Égypte au Yémen en passant par la Libye et la péninsule arabique, où en est-on dix ans plus tard ?

En Libye, une intervention militaire occidentale accélère la chute du président Kadhafi mais « l’après » n’a jamais été préparé et le pays reste fragmenté et instable. Le Yémen a cru un moment donner l’exemple d’une transition organisée, pour le départ du président Ali Abdallah Saleh. Mais les tensions internes ont fait voler le processus en éclat et alimenté la rébellion des Houthis.

Point commun de ces trois pays plongés dans le chaos, dix ans après les soulèvements de 2011: ils ont été et sont encore le théâtre d’interventions extérieures, le plus souvent par les armes. En Syrie, Bachar el-Assad s’est maintenu au pouvoir, mais au prix d’une dépendance extrême de son pays à ses soutiens étrangers, Russie et Iran en tête.

L’opposition armée syrienne a elle aussi été ballotée au gré des priorités de ses différents parrains (Pays du Golfe, Occidentaux, Turquie). Au point que d’ex-rebelles syriens ont été employés comme supplétifs armés de la Turquie en Libye et même en Azerbaïdjan. Dix ans après le début de l’intervention militaire menée par l’Otan, la Libye évolue encore à l’ombre des parrains étrangers: la Russie, l’Égypte, et les Émirats arabes unis pour l’est libyen tenu par le maréchal Khalifa Haftar, la Turquie pour la Tripolitaine. Idem au Yémen, où l’intervention d’une coalition commandée par l’Arabie saoudite a plongé le pays dans la « pire crise humanitaire » selon l’ONU. Conséquence de la désagrégation de ces États : des groupes jihadistes (Groupe État Islamique, al-Qaïda) ont pu y établir leurs positions.

RFI

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